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Patrimoine ferroviaire

CFRT N°351 : N° Spécial cf du Puy-de-Dôme

Derniers exemplaires disponibles

2012/3 Juin 2012

PRÉFACE

Jean-Yves GOUTTEBEL, Président du Conseil général du Puy-de-Dôme

Gravir les flancs du puy de Dôme hiver comme été, en toute sécurité et dans le respect absolu du site.

C’était un rêve, un espoir, un idéal, ça ne l’est plus. En 2012, cet objectif devient réalité, et il porte un nom : le Panoramique des Dômes. 

Classé au titre de la loi 1930 sur les monuments naturels et les sites en 2000, labellisé GRAND SITE DE FRANCE ® en 2008, et ambitionnant d’intégrer le Patrimoine Mondial de l’UNESCO avec l’ensemble tectono-volcanique auquel il appartient, le puy de Dôme a une valeur naturelle et patrimoniale avérée. Il se classe, d’autre part, au 10ème rang des sites touristiques les plus visités de l’Hexagone, et reçoit quelque 400 000 visiteurs par an.

Aussi, pour nous, était-il impensable de laisser 40 000 voitures et 5 000 autocars accéder à son sommet, chaque année, et compromettre son intégrité et son avenir.

Il aura fallu des années d’études, de consultations, de concertations et de travail au Conseil général, initiateur du projet, et à ses partenaires* pour élaborer ce projet. Ensemble, nous nous sommes employés à combiner tous les impératifs liés à l’accessibilité d’un site classé, tout en faisant concorder la mise en valeur et la préservation de notre environnement.

Dans ce contexte, le choix du train à crémaillère s’est imposé car il propose un fonctionnement peu impactant sur le milieu et permet d’économiser 150 tonnes de CO2 par an. Il achemine néanmoins 1200 personnes/heure jusqu’à un sommet revégétalisé et au sein d’infrastructures jouant la carte de l’intégration dans le paysage et du respect de l’environnement (matériaux naturels, recyclage des eaux de pluies…).

Ainsi, en rendant possible une meilleure gestion du site tout au long de l’année, le Panoramique des Dômes nous donne les moyens de réaliser notre ambition d’exemplarité en matière d’éco-responsabilité et devient, plus qu’un mode de transport, un outil de gestion durable, un lien qui réconcilie activités humaines et intégrité de l’environnement, une silhouette familière sur notre horizon et dans notre quotidien.

EDITORIAL

LES BONNES IDÉES ONT (HEUREUSEMENT) LA VIE DURE…

Juin 1924, inauguration de la crémaillère de la Rhune. Juin 2012, inauguration du Panoramique des Dômes. Quatre-vingt-huit ans séparent ces deux événements. A la fin du 19ème siècle, les possibilités offertes par les chemins de fer sont exploitées pour développer le tourisme, « invention » récente en plein essor. L’attrait pour des promenades vivifiantes vers les sommets entraîne la construction de diverses lignes à crémaillère. La dernière à avoir été mise en service, au pays basque, permet d’accéder au sommet de la Rhune, à 905 m d’altitude, après un parcours de 4,2 km. Son inauguration, retardée par la guerre de 1914 – 1918 a eu lieu le 30 Juin 1924. Elle fut menacée en 1978 par un projet de construction d’une route, fort opportunément refusé par la population. Elle fonctionne toujours (sauf l’hiver), avec une bonne fréquentation (350 000 passagers par saison). A voie métrique et électrifiée en 3 kV triphasé, son matériel d’origine, parfaitement rénové et entretenu, assure un service apprécié.

Le Puy de Dôme, volcan le plus élevé de la chaîne des Puys, ne pouvait rester à l’écart de ce nouvel engouement touristique. Un chemin de fer, dit système Hanscotte, fut mis en service dès 1907. Mais son histoire fut moins constante que celle de son cadet de la Rhune. Techniquement moins évolué (rail central pour l’adhérence, traction vapeur), une route le remplaça en 1926.

Le parallèle entre ces deux installations devient intéressant lorsque les élus départementaux se saisirent des problèmes causés par l’accès d’automobiles en grand nombre à ce sommet emblématique : principalement : embouteillages, pente à 12% sur près de 5 km, et pollutions diverses, y compris visuelle, causées par les parkings envahissants. De plus la route (à péage) devait parfois être fermée l’hiver, et sa capacité, limitée, devenait insuffisante. Il devenait nécessaire de trouver une solution permettant à tous d’accéder toute l’année au Puy de Dôme.

Le bon sens a prévalu, et 88 ans après La Rhune, 105 ans après la mise en service du « Hanscotte », un chemin de fer à crémaillère est inauguré en France. Il permettra une desserte fiable, propre, écologique et capacitaire (1200 personnes à l’heure). Long de 5,3 km, électrifié, à voie métrique, il rejoint les caractéristiques principales de la Rhune.

Les bonnes idées et les bonnes réponses techniques surpassent le temps. Le tramway fait depuis trente ans un retour remarquable en France. Rendons hommage à la clairvoyance des élus locaux qui ont choisi le chemin de fer à crémaillère pour redonner au Puy de Dôme toute sa magnificence, en parallèle avec l’obtention du label « Grand Site de France ». Ce sera certainement un élément déterminant dans le processus d’obtention, pour la chaîne des volcans, du titre de « Patrimoine mondial de l’humanité » qui se met en place.

Puisse la crémaillère du Puy de Dôme servir d’exemple pour que nos chemins de fer régionaux partent de nouveau à l’assaut de nos montagnes (cf. CFRT n°343).

Au sommaire de ce n° Special

  • Retour sur l’ancêtre : Le chemin de fer « système Hanscotte »
  • Emergence de l’idée d’un nouveau chemin de fer à crémaillère
  • Les étapes de la construction du « Panoramique des Dômes » 
  • Le tracé, la voie, les équipements techniques 
  • Le matériel roulant
  • L’exploitation 
  • Les chantiers en trois clics
Numéro de la revue: 
351