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Patrimoine ferroviaire

CFRT N°360 : Tour des Carpates

2013/6 Décembre 2013

EDITORIAL

Tramway or not tramway ? 

Par Claude Gay

Selon le Petit Larousse illustré (édition de 1923, en deux volumes), le « tramway (qu’il convient de prononcer ”tramoué”), de l’anglais tram, rail plat, et way, voie, est une ”voie ferrée établie sur une route ordinaire, dans une rue, au moyen de rails sans saillie, sur lesquels circulent des voitures” et désigne la ”voiture qui circule sur ces rails” ». Selon le dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, le mot tramway se définit ainsi : « chemin de fer à rails plats, à niveau du sol, les tramways sont des chemins de fer à traction de chevaux que nous désignons en France et notamment à Paris sous le nom de ”chemin de fer américain”. Il est probable que le mot de tramway finira par passer dans la langue pour y devenir aussi familier que ceux de rails, wagons, tenders, etc. qui ont depuis longtemps reçu leurs lettres de naturalisation (sic). » Le mot tramway apparut pour la première fois au Journal Officiel le 17 février 1873 ; quant à l’abréviation tram, elle y fut citée le 25 mars 1877 (in : Le parcours des trams). 

L’Anglais James Outram avait fondu près de 60 ans plus tôt un modèle de rail appelé outram-road ou tram-road : l’ingénieur français Alphonse Loubat s’en serait-il inspiré pour faire fabriquer ses premiers rails destinés aux streetcars de Broadway ?... De là viendrait peut-être le mot ”tram” : certains, s’appuyant sur les définitions fournies par les dictionnaires, expliquent ainsi pourquoi on les appela tramway. Pour d’autres, tout comme le mot raie donna naissance au rail, la trame (que constitueraient les rails et leurs traverses et/ou leurs entretoises) aurait donné naissance au tram : tramway signifierait alors ”voie tramée”… Cette dernière explication, toute poétique qu’elle soit, semble toutefois s’opposer à la définition du mot trame, telle qu’elle figure dans le Littré et qui est le « fil que l’on conduit avec la navette entre les fils que l’on nomme chaîne pour faire de la toile et diverses sortes d’étoffes » ; le tramway ne serait-il alors qu’une navette (ce dernier mot prenant alors un double sens lorsqu’il s’agit de tram… way !) qui circulerait entre les fil(e)s de rails (sic) ?... d’autant que les premiers rails de tramway n’étaient pas fixés sur des traverses mais sur des longrines (toutefois maintenues entre elles par des entretoises).

Pendant des décennies, on a voulu se débarrasser et du mot et de la chose (cf. Le Mot et la Chose, poésie galante de l’abbé Gabriel-Charles de Lattaignant, vers 1757). En ce qui concerne la chose, on a bien failli y parvenir puisque, au début des années ”70”, il ne restait plus en France que trois agglomérations desservies par des tramways : Saint-Etienne et sa ”grande artère”, Marseille (avec sa ligne 68, Noailles-Saint-Pierre) et Lille-Roubaix-Tourcoing avec son célèbre ”Mongy” du ”Grand Boulevard”. « À quelque chose, malheur est bon » disait ma grand-mère. Le malheur surgit en 1973 avec le premier choc pétrolier, toutefois ce malheur engendra dès l’année suivante « quelque chose de bon » : l’idée d’un retour du tramway dans les principales villes de France. « On n’a pas de pétrole, disait-on alors, mais on a des idées ! ». 

Mais après avoir échoué en tentant d’éradiquer totalement la chose, allait-on réussir à se débarrasser enfin du mot ? Ses détracteurs n’en avaient pas terminé avec leurs entreprises de dénigrement. Dans le passé, on avait déjà inventé le trolleybus, hybridation du bus et du tram à trolley : on s’affranchissait ainsi des rails au profit d’une seconde perche… Vers le milieu des années ”80”, certaines agglomérations voulaient bien revenir aux principes fondamentaux du tramway mais continuaient à en bannir le nom : on voulait l’appeler ”rapid transit” ou ”métro léger” comme à Rouen où, par aversion du mot ”tramway”, il fut dénommé ”Métrobus”. Aujourd’hui, certaines agglomérations, telle celle de Lille-Roubaix-Tourcoing, ne semblent-elles pas prêtes à prescrire le ”tram-train” qui leur semble tellement plus ”politiquement correct” ! Et puis, lorsque le tramway, en se redéployant en France, retrouva ses lettres de noblesses, on dénomma ”tramways” des véhicules sur pneus et sans rails ce qui n’était que des trolleybus… guidés, comme à Nancy, Caen ou Clermont-Ferrand. Enfin, comble du comble, Douai, ne retenant que l’idée d’un guidage par le sol, voulut l’appliquer à une sorte d’autobus pétroléo-électrique, selon une ”invention” farfelue d’origine néerlandaise qui n’avait même pas encore été expérimentée dans son propre pays : par une sorte de snobisme à rebours, on crut peut-être ”faire moderne” en appelant ”tramway” quelque chose qui ne l‘était pas ! 

Appelons donc un chat « un chat », un tramway « tramway », un trolleybus « trolleybus » et un bus « bus », qu’ils fussent guidés ou non

 

Essai d’histoire technologique de la traction à vapeur...(3) 

Par Jacques Connétable

Dans le début de cette étude dont nous poursuivons la publication, Jacques Connétable brosse à grands traits l’histoire de nos chemins de fer secondaires et de nos tramways entre 1870 et 1914.

(6 pages)

Inauguration du Tramway de Tours

Jean-Claude VAUDOIS

Un rêve qui devient réalite, le 31 Août 2013. Le 16 février 1962, l’auteur de cet article, un jeune homme de 23 ans, écrivit au Député-Maire de Tours de l’époque, Jean Royer, pour lui proposer une desserte de « Saint-Cyr à Joué-les-Tours » par... tramways. Cela se passait il y a 51 ans! La réponse de l’époque consistait en un aimable accusé de réception... sans suite, bien entendu....

(6 pages)

Avignon TGV - Carpentras

Gérard BOTTE. 

Deux projets, deux mises en service pour une nouvelle relation TER. 

Au début de notre XXIème siècle, un projet était sorti du bureau d’étude de la SNCF à Marseille : la création d’un rac- cordement reliant la gare d’Avignon Centre à celle d’Avignon TGV, sans jonction avec la ligne à grande vitesse. Les cartons se sont refermés peu après, sans suite, malgré le degré avancé de l’étude ; peut-être à cause des modifica- tions apportées en gare Centre où étaient prévus un quai et une voie principale supplémentaires. Le coût ne devait pas être négligeable ! ...

Voyage FACS dans les Carpates

du 6 au 13 juin 2013 

Texte Jacques VIERNE, photos Eric COIRIER. 

Ce voyage s’inscrivait dans le cadre du tour de « l’empire austro-hongrois », commencé par la visite de Prague en 2008, puis Budapest et la Hongrie en 2009, la Bosnie et la Serbie en 2010, l’Autriche, Bratislava et Brno en 2011. L’un des buts de ce voyage est d’atteindre par le rail les confins orientaux de l’ancien Empire, représentés par la ligne de chemin de fer Sighe- tu Marmatiei – Lemberg, villes actuellement situées en Roumanie et en Ukraine (sous le nom de Lviv). Naturellement, un grand intérêt est porté aux lignes à voies « de 76 » – l’écartement « Bosniaque », typique de l’Empire – dont les survivantes sont maintenant touristiques...

Numéro de la revue: 
360