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Patrimoine ferroviaire

CFRT N°362 : La FACS en Belgique

2014/2 Mars 2014

Editorial

NICE – CONI : La spirale infernale d’une relation internationale

Par Michel Braun

L’abandon de nos lignes rurales est redevenu un sujet à la mode. On nous dit qu’il faut savoir « être raisonnable » et que, dans la situation économique actuelle, tout n’est pas possible. Admettons que certains cas soient quasi-désespérés, mais je souhaite intervenir sur un sujet qui m’est cher, la ligne du Col de Tende (Nice et Vintimille – Tende – Cuneo), aujourd’hui menacée de fermeture à court terme.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien les Alpes du Sud, précisons que cette ligne relie, par un tracé direct, la riche région italienne du Piémont et ses 4,5 millions d’habitants à la Riviera des Fleurs et la Côte d’Azur, peuplées de 1,5 million de personnes. Les relations économiques et humaines entre ces deux régions ont toujours été très importantes, ce que montre l’important trafic routier entre ces deux pôles : 4000 à 15 000 véhicules/jour par le tunnel du col de Tende et près du double via l’autoroute Turin – Savone – Vintimille. D’ailleurs, la France et l’Italie se préparent à construire un nouveau tunnel routier sous le col de Tende pour un coût de plus de 200 millions d’euros. Rajoutons que cette ligne traverse une région très touristique (vallée des Merveilles, parc national du Mercantour, station de ski de Limone), située à quelques dizaines de kilomètres seulement de régions denses et riches. Alors, franchement, si l’on n’est pas capable de remplir des trains sur une telle relation, n’est-ce pas tout simplement de l’incompétence ?

Il faut reconnaître que cette ligne est poursuivie par une malédiction fatale depuis bien longtemps. C’est le roi du Piémont qui a promis sa construction aux Niçois, mais en 1860 il cède le Comté de Nice à la France. Ensuite, les rivalités franco-italiennes ont continuellement retardé sa réalisation, jusqu’à son inauguration en 1928. Les années suivantes, l’Italie l’électrifie, mais bien vite la seconde guerre mondiale arrive, avec la destruction des ponts et tunnels par l’armée allemande en déroute. La ligne sera reconstruite en 1979, aux frais de l’Italie, dont les négociateurs acceptent de prendre en charge tous les frais ainsi que les coûts d’exploitation sur la section française dans la vallée de la Roya. La SNCF présentera dès lors des factures, considérées comme exagérées par l’Italie, qui les conteste d’année en année avec de plus en plus de véhémence. Depuis lors, les litiges s’accumulent, et au bout de 30 ans nous arrivons au « clash ». L’Italie dénonce la convention et précise qu’elle ne paiera plus. Par rétorsion (pour préserver les infrastructures !), RFF décide de mettre la ligne à 40 km/h dès le 15 décembre 2013. En conséquence, la durée du trajet Breil – Tende passe à 57 minutes, alors qu’il en faut 15 à 20 pour relier ces deux communes en voiture !

Face à cette situation, la région Piémont, très proche de lobbies automobiles, profite de la mise en place de ces ralentissements et décide de ne plus faire circuler que 2 AR quotidiens sur cet axe, qui en comptait jusqu’à une dizaine ces dernières années. C’est une véritable catastrophe, car depuis, il n’est même plus possible de faire un AR dans la journée entre Nice ou Vintimille et Cuneo, et les correspondances aux extrémités sont souvent inexistantes. Bientôt, on nous expliquera qu’il n’y a plus de voyageurs dans les trains ! Quoi qu’il en soit, début janvier, cette équipe du Conseil régional Piémontais, qui donne des leçons de gestion en supprimant de nombreuses lignes soit disant « non rentables » et en culpabilisant les usagers, vient d’être démissionnée par la justice pour détournement de fonds publics. Une nouvelle équipe sera élue prochainement, espérons qu’elle sera plus favorable aux transports publics.

Pourtant, de l’argent entre dans les caisses puisque, entre 2002 et 2012, non seulement l’Italie a payé à la SNCF 20,2 millions d’euros pour combler le déficit d’exploitation de la ligne, mais en plus RFF a facturé à la région PACA un montant cumulé de près de 6 millions d’euros en 10 ans pour le péage des trains italiens circulant en transit en France, sans aucune contrepartie ni travaux ! D’ailleurs la Région PACA demande des éclaircissements sur les « flux financiers ». En effet, si le gouvernement italien paye l’intégralité des frais d’exploitation de la section Limone – Breil – Piène, Réseau Ferré de France facture à la Région PACA les droits de transit des trains italiens, tandis que RFI (Rete Ferroviario Italiano) facture ses propres droits de passages aux mêmes trains italiens en transit en France. Il y aurait donc une triple facturation pour un même service ! Quant à la prestation locale de SNCF Infra, elle s’est bien réduite ces dernières années ! L’équipe de 12 cheminots qui s’occupait de l’entretien de la voie est réduite à 4 personnes occupées désormais presque en permanence sur des chantiers de la côte.

Aujourd’hui, l’AOT (autorité organisatrice des transports) de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et la région voisine de Ligurie font pression sur les deux Etats pour qu’ils se mettent autour d’une table et acceptent de réviser la convention franco-italienne qui régit cette ligne. Au dernier sommet francoitalien, la question a été évoquée et l’importance de cette ligne a été réaffirmée. Il faut trouver 29 millions d’euros, alors que le seul TGV Lyon – Turin est estimé à près de 30 milliards !

Mais alors que des solutions s’esquissent, les mauvais esprits continuent d’oeuvrer dans l’ombre. Ainsi, Monsieur Moretti, le patron de Trenitalia, toujours en concurrence frontale avec la SNCF pour l’exploitation des trains à grande vitesse en Italie, a déclaré depuis son confortable bureau romain que cette ligne n’était qu’un « ramo secco », soit une branche morte à tailler au plus vite.

Nos trouv[R]ailles

Gare Centrale des Tramways à vapeur du Mans : Eboulement d’une partie de remblai et de viaduc sur le bord de la Sarthe

Texte de Daniel MUMBRU.

La gare centrale des TS et ses arches avant l’éboulement (carte postale ancienne - coll. D. MUMBRU). Daniel Mumbru nous permet de faire bénéficier nos lecteurs de la primeur de sept nouveaux clichés, récemment acquis par les archives départementales de la Sarthe, sur un épisode peu connu de la vie des Tramways de la Sarthe. Ce réseau a fait l’objet d’une étude détaillée dans notre numéro 91 et d’un article dans le 193.

TRAMS ET METRO : Les mises en service de fin d’année

La fin de l’année 2013 a été, comme souvent, propice à la mise en service de nouvelles lignes ou de prolongements de lignes existantes, de trams ou de métros. Ce fut le cas cette année pour Lyon, Paris, Strasbourg, Toulouse et Valenciennes. C’est la période des cadeaux et des voeux et il est toujours gratifiant pour un élu de mettre en avant le résultat palpable de son action, surtout quand on se trouve pour bon nombre d’entre eux en fin de mandature, avec les élections municipales prévues cette année.
Originalités de cette année 2013 :
- La mise en service d’une ligne sans inauguration (Toulouse, à cause d’une menace de grève). A contrario, l’inauguration d’une ligne sans mise en service (Valenciennes, mise en service le 24 février 2014).
- Le retour de la Voie Unique, avec la longue ligne 2 de Valenciennes.

La FACS en BELGIQUE

du 19 au 22 Septembre 2013

La FACS a organisé un déplacement en Belgique afin de parcourir le Plat Pays, depuis les rivages de la Mer du Nord jusqu’au plus profond de la forêt des Ardennes. Passionnés comme nous, nos amis belges nous avaient réservé de bonnes surprises. Nous avons pu apprécier les activités de pas moins de quatre associations de préservation de matériels tramway qui nous ont toutes réservé le meilleur accueil. Nous avons participé au très intéressant festival vapeur du Chemin de fer des Trois vallées, et nous nous sommes enfoncés dans les entrailles de la terre aux grottes de Han-sur-Lesse, amenés par un tramway d’un autre temps. Nous avons le plaisir de vous narrer nos aventures au pays des moules et des frites.

Chemins de fer touristiques

230 G 353
MTVS
Camp de jeunes 2013 en Autriche
Panoramique de Dômes
Train des Mouettes

Chemins de fer régionaux

Serqueux – Gisors
Ligne des Causses
Ligne des cévennes
Fermetures de lignes
Belfort – Delle
Chinon – Loudun – Thouars
Castelnaudary – Revel
Frasne – Vallorbe
Lozane –Paray-le-Monial
Pau – Canfranc
Nice – Breil
Chemins de fer de Provence : CR du comité de ligne

Tramways

Amiens et Caen
Annemasse
Aubagne
Avignon
Bordeaux
Tours
Allemagne : Desseau-Rosslau, Hanovre
Belgique : Anvers, Bruxelles, Gand, Liège, Ostende
Pays-Bas : La Haye
Israël : Tel-Aviv
Suisse : Bâle
USA : Cincinatti, Washington, Tucson

Numéro de la revue: 
362